Critique du nouvel album de Céline Dion - D'elles ne vaut pas plus qu'elle
Par etoile, vendredi 25 mai 2007 à 09:43 :: Stars :: #31 :: rss
Aimer D'elles aurait été, comment dire?, un soulagement. Y en a jusque-là d'être le vilain de service, d'être perçu d'office comme celui-qui-va-encore-casser-du-sucre-sur-le-dos-de-Céline. Celui qu'Enjeux appelle dans l'espoir d'obtenir matière à controverse. Je n'ai rien contre Céline Dion, personnellement. Ni contre René Angélil. Je soupçonne même que dans une autre vie, où j'aurais été intervieweur plutôt que critique, on se serait bien entendus.Ça ne risque pas d'arriver. J'écoute D'elles pour la dixième fois en deux jours et constate, à mon corps défendant, que malgré tous ces textes d'écrivaines d'indéniable calibre, malgré les efforts indéniablement sincères de la chanteuse pour les rendre avec la plus grande sensibilité possible, cet album n'est pas la réussite espérée. Loin de là. D'elles ne vaut pas D'eux. D'elles ne vaut pas plus qu'elle. Et Céline Dion n'a jamais été aussi mauvaise interprète. |
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En vérité, Céline Dion empire. L'émotion n'était pas à ce point surjouée au temps des chansons d'Eddy Marnay, au temps de Dion chante Plamondon et de L'amour existe encore. Jean-Jacques Goldman, pour l'album D'eux, était presque parvenu à établir la connexion entre l'intérieur et l'extérieur. On a l'impression que toutes ces années passées à se frapper la poitrine soir après soir à Las Vegas ont amplifié chez Céline les tics, les maniérismes, allant jusqu'à ériger en «style» cette façon d'en faire tout le temps trop. Tout ça est bien désolant. L'idée de commander des textes à ces femmes d'envergure était heureuse et donne lieu à d'intéressantes perceptions de Céline. Denise Bombardier cerne bien «la douleur de cette mal-aimée», même si la comparaison avec la Callas a ses limites. L'image de l'«épaule opportune / Où cacher son bonheur» est fort bien trouvée par Françoise Dorin dans la chanson qui ouvre l'album, Et s'il n'en restait qu'une (je serais celle-là). Janette Bertrand, reine de l'empathie, offre une Berceuse qui, sur papier, semble écrite par Céline elle-même: c'est quand Céline la chante que le texte semble emprunté. Un comble. Textes de qualité, musiques de tâcherons: l'équipe de faiseurs de tubes -- Érick Benzi, David Gategno, Jacques Veneruso, Gildas Arzel -- a dûment fait des tubes. Pop à numéros, ballades télégraphiées. Étonnamment, c'est le tandem Marc Dupré-Jean-François Breau qui s'en tire le mieux: leur version d'On s'est aimé à cause ne pèche pas par grandiloquence. Et la grandiloquence est la tendance forte des arrangements de l'album: c'est presque une règle, les chansons commencent délicates, finissent pompeuses. Comme si chacun avait voulu récrire la chanson de Titanic. De fait, l'air de La Diva évoque irrésistiblement celui de la chanson-thème du film La Belle et la Bête. La création intervient peu ici: on frôle le copier-coller. Mais qui s'en soucie? Céline est certaine d'avoir enregistré le disque de sa vie, les contributrices jubilent, les caisses tintent depuis mardi. La dissidence critique est parfois bien superflue. |

Aimer D'elles aurait été, comment dire?, un soulagement. Y en a jusque-là d'être le vilain de service, d'être perçu d'office comme celui-qui-va-encore-casser-du-sucre-sur-le-dos-de-Céline. Celui qu'Enjeux appelle dans l'espoir d'obtenir matière à controverse. Je n'ai rien contre Céline Dion, personnellement. Ni contre René Angélil. Je soupçonne même que dans une autre vie, où j'aurais été intervieweur plutôt que critique, on se serait bien entendus.
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